Chapitre 68

Chapitre 68
Maurice Champagne a écrit : ''Les amours les plus durables naissent souvent de mouvements spontanés, et avoués, de répugnance et d'agressivité réciproques.''

P.O.V. Tom

On en oublierait presque que 95% des gens présents sur scène avec nous ignoraient que l'on était plus qu'amis....

Presque.

Reprenant mes esprits je repousse lentement Bill et quand nos yeux se croisent il réalise lui aussi qu'on s'est un peu emporté.
Personne n'ose briser le silence qui s'est installé sur scène. De l'autre côté des grands rideaux rouges le public n'a pas cessé d'applaudir et les cris nous rappellent. Je regarde les autres élèves, ils ne savent pas comment réagir. Je crois que l'information n'est pas encore arrivée à leur cerveau.
C'est Dean qui se reconnecte le plus vite à la réalité et nous redescend sur terre.

Dean : En place pour le salut !

Immédiatement tout le monde se remet en mouvement. On a quelques secondes de répit avant la grande explication.
Bill me serre la main. Je lui souris.

Tom : Au moins ils savent.
Bill : Désolé de m'être emballé et de t'avoir sauté dessus.
Tom : Je crois que je suis autant responsable que toi sur ce coup.

Je ne lâche pas sa main et on se place parmi les autres.
Le rideau se lève à nouveau et on s'avance pour saluer. Une fois, deux fois, trois fois.

Devant les acclamations de la foule et la standing ovation qu'ils nous offrent tous nos problèmes s'envolent. Et à ce moment précis je me contrefous qu'on ait été découvert.
Le rideau tombe, puis se relève une dernière fois. On salue encore. Personne ne veut quitter la scène, pas tout de suite.

La salle est allumée et je vois mes parents. Ils applaudissent à s'en faire mal aux mains et je suis sûr que ma mère a les larmes aux yeux même si je suis trop loin pour en être sûr.

Bill : On a vraiment été bons ou ils réagissent comme ça pour nous faire plaisir ?

Je rigole.

Tom : Je crois qu'on a été parfait.

Je resserre mes doigts sur les siens. On se recule et le tissu rouge nous sépare définitivement de notre public.
L'adrénaline est à nouveau dans nos veines, on est encore sur notre petit nuage. Heureux de ce que l'on vient de faire.
On rejoint les loges tout en parlant et en discutaillant sur les moindres détails de cette folle soirée.

Gustav : Je me suis jamais autant éclaté sur une scène !
Bill : Pareil. Pour une fois on avait quelque chose de vraiment présentable à montrer.
Georg : C'était même quasi professionnel oui !

On rigole. Oui on s'envoie des fleurs et alors ? On a le droit non ?

Angel : Par contre...

On se retourne tous vers elle. Ce n'est pas son genre de venir casser nos délires mégalos.

Angel : La fin a un peu surpris tout le monde je crois...
Tom : J'avais presque oublié ce passage.

Bill grimace. Apparemment lui aussi.
J'ouvre la porte menant sur les loges costumes où tout le monde est en train de se changer.
Quand on rentre dans la pièce les conversations disparaissent. Je déteste ça.
Je regarde Bill, on ne peut plus reculer là.

Tom : Euh...

Mouais... pas super convaincant comme explication. Mais je n'ai pas le temps d'en trouver une autre.

David : Putain vous allez nous expliquer ce qu'on vient de voir là ?
Mike : C'était une blague, c'est ça ?
David : En tout cas si ça en est une elle n'est vraiment pas drôle du tout.

.... Quoi répondre après ça ?

Matthieu : On attend. Bordel mais qu'est-ce qui vous ait passé par la tête ? On sait que maintenant vous êtes les meilleurs amis du monde mais quand même ! De là à faire ça... !
Angel : On se calme, les réactions sont un peu disproportionnées vous ne trouvez pas ?
Fred : Oh toi ta gueule hein ! Apparemment tu en sais toujours plus que nous, tout ça ne te concerne pas.

Angel se tait et se rassoit sur sa chaise. Je pense qu'elle a compris que pour une fois ses interventions ne vont faire qu'empirer les choses.

Liam : Je ne comprends plus rien... Pourquoi soudainement vous vous embrassez comme ça ? Et d'ailleurs depuis quand Bill est gay ?

Je souris et me prends un coup de coude de la part du Bill en question.

Bill : Je ne suis pas gay ! Disons que je suis bisexuel. Et merde c'est ma vie, ça ne vous regarde pas !
Lyndsey : Désolée de m'incruster dans la conversation mais vous êtes un peu les leadeurs ici, d'un point de vue relationnel j'entends. C'est quand même à cause de vous que toute l'école a été coupée en deux !
Tom : Et ça nous a servi pour le spectacle ! Je ne vois pas où est le problème.

Des retardataires entrent dans l'immense loge qui est maintenant pleine à craquée de monde. Ils s'arrêtent de parler, se rendant compte que ce qu'il se passe ici est beaucoup plus intéressant.
Je soupire, je savais que si on se faisait prendre ça allait être du grand n'importe quoi. Et encore c'est très surprenant qu'on ne se soit pas fait grillé avant.... Bill reprend la parole.

Bill : On est désolé... que vous l'ayez découvert comme ça.

Personne ne parle, attendant la suite de ce qui semble être une explication. Le problème c'est que ni lui ni moi n'en avons.

Bill : On aurait dû vous le dire.
David : En effet oui.

Il me fusille du regard. Non mais pour qui il se prend ? Il n'est pas censé être en couple ? En fait, je crois qu'il commence à comprendre mon attitude haineuse envers lui durant tout ce temps.

Bill : Mais quand on a vu vos réactions face à notre simple amitié ça nous a un peu refroidis.

Un silence plus gêné s'installe. Ils réalisent qu'ils ne nous ont pas facilité la tâche non plus.

Matthieu : Mais, enfin on est vos amis, vous auriez dû nous faire confiance.

J'étouffe un rire.

Tom : Vous faire confiance ? Mais on a essayé de le faire, on vous a dit qu'on s'aimait bien et ça a fait un scandale !
Fred : Il y avait de quoi aussi ! Depuis la rentrée vous ne vous adresser pas la parole sauf pour vous engueulez. Tu me dis comment on aurait pu réagir autrement ? Et puis merde on a accepté que vous soyez proches ! Mais pas comme ça.

Je sens les défenses de Bill tombées une à une et je sais très bien pourquoi. Il ne veut pas revivre une deuxième fois tout ce que l'on a enduré avec nos parents. On a eu des rejets, des incompréhensions, ils n'ont pas accepté. On a passé des semaines à leur faire comprendre que c'était sérieux et qu'on ne changerait pas d'avis. Mais ces semaines ont été éprouvantes pour nous deux. Je ne veux pas tout recommencer, pas encore.

Tom : Qu'est-ce que vous voulez qu'on vous dise d'autre ? On est ensemble point, le reste ne vous regarde pas.
Stéphanie : Quand même, on a passé plus de temps à l'école qu'avec nos familles et nos amis, tu peux comprendre que ça nous fasse bizarre qu'on réalise qu'on ne connaissait pas les choses aussi bien qu'on le pensait.

Je ne sais plus quoi dire. Je crois que j'avais toujours espéré que quand ils découvriraient la véritable nature de nos relations ils seraient heureux pour nous et accepteraient avec plaisir. Que les rivalités seraient enterrées et qu'on pourrait tous vivre ensemble sans se chercher en permanence.
Oui, je crois que sans vraiment m'en rendre compte, j'avais vraiment ce fol espoir que ça marche.

Bill : On devrait y aller...
David : Tu fuis ?

Ils s'affrontent du regard.

Bill : Non, mais on vient de faire notre premier spectacle, ça devrait être une soirée de fête, de joie, on devrait tous être sur notre petit nuage et remplis d'excitation.
Mike : C'est un peu de votre faute si ce n'est pas le cas !

Cette envie d'exploser de rire tellement ce qu'il raconte est ridicule et surtout injuste me reprend. Je me contiens.

Bill : Je ne sais pas si tu te souviens mais vous avez été tellement bornés à vouloir vous haïr, ça soulage peut-être mais vous n'avez plus réussi à faire la part des choses. Certains en sont même venus aux mains merde ! Tu crois qu'après tout ça on allait se pointer devant vous et vous dire « Coucou ça va ? J'vous ai pas dit mais avec Tom c'est plus la guerre, on sort ensemble en fait ! Bon on se voit en cours. » Je ne suis pas sûr que l'information aurait été mieux acceptée.

De nouveau ses paroles laissent place au silence.

Luke : Comment vous avez pu passer de cette haine à ... ça ? Désolé mais j'ai vraiment du mal à faire le lien.

J'hausse les épaules.

David : Bordel mais parlez ! Vous nous devez au moins ça !
Tom : Mais on n'en sait rien ! Qu'est-ce que tu crois, on n'a pas simulé notre haine au début, je ne pouvais vraiment pas l'encadrer mais les choses se sont faites, comme ça. On n'a rien prémédité et on a même cherché à l'éviter mais ça nous est tombé dessus sans qu'on ne s'y attende. Quand on a réalisé c'était trop tard, on était lié et on ne pouvait plus faire marche arrière.

Je reprends ma respiration. Je crois que j'ai parlé un peu fort, mais il fallait que ça sorte. Ils n'ont pas l'air d'avoir bien saisi la situation, on n'a rien voulu de tout ça. Je ne regrette pas, ça non, mais jamais je n'aurai pu imaginer qu'on en arrive là, lui et moi. Amoureux, et affrontant les autres qui ne comprennent toujours rien.

David : Attends, parce qu'en plus tu vas nous faire croire qu'entre vous deux c'est vraiment sérieux ?

Il ricane, rejoint par quelques autres. J'attrape la main de Bill pour l'empêcher de la mettre dans la tête de ce David, ou c'est peut-être pour empêcher la mienne de le défigurer... au choix.

Il tourne ses yeux vers moi.

Bill : Tu crois qu'on... ?
Tom : Je pense, au point où on en est de toute façon...
Bill : Et après ?
Tom : On se casse. On a des parents qui nous attendent je crois.

Il me sourit et se retourne vers notre auditoire. Ils sont suspendus à ses lèvres, attendant une révélation, quelque chose qui les confortera dans leurs idées : c'est une vaste plaisanterie, on va sortir une caméra cachée de sous la table d'une seconde à l'autre.
Ca risque d'être drôle.

Bill : Laissez-moi vous dire, à tous, quelque chose. On ne vous a rien dit parce que notre ranc½ur l'un envers l'autre a tellement déteint sur vous que plus rien n'était possible. On se serait vraiment cru dans Roméo et Juliette. Impossible de faire un pas vers l'autre « clan » sans que ça ne fasse un scandale. Vous vous êtes battus, insultés et tout ce qui va avec. Quand on est sorti ensemble on a voulu vous le dire, mais on tenait trop à votre amitié et à notre vie aussi.

Il rigole un peu. C'est exagéré et on le sait, mais même si la fin n'aurait pas été aussi tragique que dans la pièce de Shakespeare ça aurait posé des problèmes toute l'année pour la création du spectacle. L'un dans l'autre ça se tient : mort physique / mort professionnelle...

Bill : Sachez juste une chose, ça...

Il montre son annulaire gauche, sa bague bien en évidence.

Bill : Et ça...

Il s'approche de moi, passe sa main sous mon t-shirt, et en sort la chaine avec une bague identique au bout.

Bill : Ca veut dire quelque chose pour nous. Vous pouvez vous faire votre propre idée, le mariage homosexuel est interdit en Allemagne mais rien ne nous empêche de, je ne sais pas moi... nous fiancer ?

Il prend son sac, fourre tout son bordel dedans, j'attrape ma guitare, la remet dans son étui et prends mes affaires aussi. On s'active sous leurs yeux médusés.

Bill : Oh j'oubliais, pour répondre à ta question, oui c'est vraiment sérieux entre nous. Je crois même qu'on peut dire qu'on est amoureux. Dingue hein ?

Il attrape ma main et on sort laissant David, Mike et les autres totalement déconcertés et sous les applaudissements d'Angel, qui s'amuse toute seule sur sa chaise.
Je referme la porte.

Tom : Ca aurait pu plus mal se passer.
Bill : Oui.

On se regarde et on éclate de rire laissant retomber la pression et on va rejoindre nos parents. On est encore maquillé, en costume et plein de sueur mais on s'en fiche. Tout ce qui compte c'est qu'il n'y ait plus de secret dans notre vie, enfin de secret avouable. Si le mariage est interdit l'inceste n'est pas non plus spécialement légal...

P.O.V. Bill

Bill : On est là !
Simone : Vous ne vous êtes pas changés ?

Elle me scrute, cherchant l'embrouille derrière tout ça.

Bill : On a eu... un problème technique. On va le faire dans les toilettes avant de partir, on venait juste vous déposer nos sacs.
Gordon : Avant venez là qu'on vous félicite ! C'était vraiment bien !

Ils nous serrent tous dans leurs bras, un par un. Je perds mes deux poumons et quelques côtes dans la bataille.

Jörj : Allez, filez vous changer on vous attend là.

Je prends des vêtements normaux et ma trousse de maquillage et on va dans les toilettes.

Bill : J'en reviens pas qu'on soit obligé de se déshabiller là ! Je les adore tous mais des fois ils sont vraiment butés !
Tom : Les parents ?
Bill : Les élèves idiot !

Il rigole. On enlève nos costumes et on se démaquille.

Bill : Je crois que je vais devoir racheter des cotons, à ce rythme là à la fin de la semaine on a vidé deux sachets !
Tom : Mais on avait trop la classe avec nos visages tout peinturlurés non ?
Bill : Admettrais-tu que le maquillage peut avoir du bon ?

Je le regarde amusé. Il se renfrogne.

Tom : Pour les spectacles oui, et sur toi aussi. Mais rêve pour que je me mette ce genre de truc tous les jours.

Je rigole, lui aussi est buté quand il le veut. Pourtant je suis sûr qu'un trait de crayon sous les yeux lui irait à merveille. Je ne lâche pas l'affaire, un jour je le convertirai.

Tom : Bon, on est sortable.
Bill : Oui.

On retrouve nos parents dans le hall, les autres élèves sortent eux aussi. Certains nous regardent toujours bizarrement, d'autres sont encore sous le choc de la révélation et les derniers, heureusement les plus nombreux, semblent se foutre totalement de la situation. Et croyez moi ça c'est génial ! Il ne devrait pas y avoir de réaction face à notre couple, après tout on aime qui on veut non ?

Tom : Demain on aura encore une discussion.
Bill : Avec quelques irréductibles, les autres sont passés à autre chose aussi vite, ils aimaient les rivalités mais ce qu'on fait de notre corps et avec qui, ils en ont rien à faire.
Tom : Les irréductibles... dont David hein ?

Il se crispe. Il a toujours une dent contre lui, même après tout ce temps.

Bill : Tom...
Tom : Quoi ? C'est quand même un des seuls qui a réagi violemment !
Bill : Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ceux qui ont un problème avec notre histoire ce sont ceux qui étaient proches de nous. Ils se sentent trahis et déçus qu'on leur ait caché la vérité et ça se comprend. Ceux qu'on ne côtoyait pas plus que ça se sont vite fait à l'idée, une fois la surprise passée.
Tom : Même, tu ne me feras pas changé d'avis sur lui. Je ne l'aime pas !

Je lève les yeux au ciel, quand je disais qu'il était borné...

Bill : On oublie tout ça pour ce soir et on passe une bonne fin de soirée d'accord ?

Il soupire mais se résigne.

Tom : Ok.
Simone : Bon les garçons, on vous emmène manger où ?
Bill : Je veux un truc bien calorique, j'ai une dalle d'enfer.

Je sens le regard de Tom sur moi, on s'est enfilé des barres de céréales, des pâtes de fruit et des boissons ultra sucrées pendant tout le spectacle. Mais j'ai quand même faim.

Tom : Moi aussi.

Je rigole, je savais que je n'étais pas le seul...

Ellen : Il y a un restaurant chinois pas loin et ouvert très tard, c'est peut-être pas le truc le plus bourratif de la ville mais vous demanderez une double ration de sauce.
Bill : Ca me va.
Tom : Moi aussi.
Gordon : Il faudra quand même nous expliquer un jour où vous mettez tout ce que vous ingurgité !
Bill : Tu sais papa, avoir un corps d'athlète c'est pas donné à tout le monde... Mais je te rassure, tu es plutôt pas mal conservé pour ton âge.

J'éclate de rire et il me court après dans les rues de la ville. On finit par se calmer en arrivant devant le restaurant. On s'installe à une table et on commande.

Tom : Ca fait vraiment famille là... recomposée mais famille quand même.

Je jette un coup d'½il autour de moi. Nos parents respectifs, Tom et moi. Des parents remariés, deux frères. C'est vrai. Je souris.

Bill : Comme quoi avec un peu de bonne volonté on y arrive n'est-ce pas ?

Je dévisage les principaux responsables du temps perdu à vivre des moments comme celui-là.

Bill : Passons. Alors comme ça le spectacle vous a plu.
Jörj : C'était vraiment bien, tout allait parfaitement ensemble, les danseurs m'ont impressionné, les musiciens aussi, les chanteurs sont bons, la mise en scène impeccable. Je ne m'attendais pas à tant de professionnalisme et à un tel rendu.
Gordon : En résumé c'était super !

On rigole, mon père n'aime pas s'étendre pour dire une chose simple, il préfère aller droit au but.

Gordon : Par contre il y a quelque chose qui m'a un peu interpelé.

On l'interroge du regard.

Gordon : On en parlait en vous attendant à la fin de la représentation ; l'histoire... on dirait un peu la notre.

Je souris.

Bill : On a juste donné l'idée de la rivalité anges/démons, tout le reste ne venait pas de nous, ou pas uniquement.
Jörj : C'est vrai que deux clans ennemis, deux frères, ils se réunissent et parviennent à réconcilier tout le monde.

Nos mères acquiescent. Je rigole.

Bill : J'avoue que c'est plus que ressemblant, mais on n'y est pour rien. Quand on a défini l'histoire du spectacle on n'était même pas encore au courant pour nous.
Simone : Ca a dû vous aidé pour interpréter les personnages au moins.
Tom : Oui.

Sauf quand on venait juste d'apprendre notre gémellité, là ça a accentué la difficulté.

Bill : Mais je trouve que c'est une belle histoire.
Ellen : Moi aussi.
Tom : Et puis si ça se finit aussi bien que dans le spectacle ça me va.
Jörj : On est sur la bonne voix non ?
Simone : Je pense.

Tout le monde est d'accord. Je n'ai toujours pas compris comment ce moment de notre vie s'est retrouvé quasiment à l'identique dans la trame du spectacle.
De toute façon j'ai toujours dit que cette école avait quelque chose contre nous, on a été obligé de travailler ensemble, à chaque fois elle nous repoussait l'un vers l'autre et pour finir ça. Si ce n'est pas le karma je ne sais pas ce que ça peut être d'autre....

....

La discussion s'est poursuivie pendant de longues heures. On a refait tous les moments du show de ce soir, on a parlé des répétitions, des gens avec qui ont est proche et que nos parents n'avaient pas encore vu. On a parlé de Dean, de Diana et des autres, des costumes, des décors et des chansons. Et puis on a abordé d'autres sujets, comment on voyait l'année prochaine, les cours, notre envie de monter un groupe, au plus grand bonheur de nos pères et un peu moins de nos mères, les groupes de rock ça se drogue, ça boit et ça couche avec des filles faciles... les clichés ont la vie dure, et puis un groupe part en tournée pendant plusieurs mois, sans voir leur maman chérie... !

Après avoir recommandé à manger une deuxième fois, j'ai enfin osé parler avec Jörj de mon envie d'en savoir plus sur lui, je lui ai demandé si il accepterait qu'on parle tous les deux, de toutes ces années passées séparés. Je crois que ça lui a fait plaisir que je veuille le connaître, et ça m'a fait plaisir qu'il accepte. On a pas mal de temps à rattraper.
Pendant toute notre conversation, j'ai pu observer Tom discuter avec ma mère, il semblait heureux. Il a beau dire, je reste persuadé que lui aussi veut connaitre le morceau manquant de l'histoire. Et les voir parler ensemble et sourire a vraiment fait de cet instant, quelque peu chahutée par les récents évènements, une soirée inoubliable.

[...]

Nos parents nous ont raccompagnés à l'école, aidant par la même occasion à porter nos sacs.

Bill : C'était bien.
Tom : Très bien.
Bill : Je suis mort, et le pire c'est que demain on recommence.

A peine ces mots sortis de ma bouche, la boule de stress dans mon estomac me relance.

Bill : Putain ! J'avais presque oublié le sentiment de panique et d'angoisse.

Il rigole.

Tom : Ca va bien se passer, on l'a fait une fois on le refera. Et puis certains producteurs viennent plusieurs soirs de suite pour confirmer leurs idées ou s'en faire d'autres. Ca pourrait être notre chance de percer.
Bill : Je sais, et je suis super content. Il faut juste dire aux bonhommes qui se sont mis aux claquettes dans mon corps de se calmer et d'aller dormir !

Il soupire, mi amusé mi exaspéré et finit par rigoler.

Tom : Et dire que ça va être comme ça jusqu'à la fin de la semaine.

Je m'allonge à côté de lui.

Bill : Tu arriveras à me supporter ?
Tom : Je crois, et puis si je ne survis pas à ces quelques jours je ne tiendrais jamais toute la vie et j'ai très, très envie de rester avec toi pendant de longues années. Donc ça ira.

Je ferme les yeux pour empêcher les dizaines d'étoiles d'en sortir et je m'endors contre son torse, bercé par sa respiration.
Demain, nouvelle représentation, nouvelle confrontation, nouveaux défis.
Demain, autre jour.

[Ellipse]

Deuxième jour de représentation, on se rejoint dans la cour de l'école comme pour la première fois. Quand ça a bien marché une fois on veut tout refaire pareil, superstition stupide peut-être mais ça rassure.
Quelques personnes nous dévisagent, cherchant sûrement pourquoi elles n'avaient pas remarqué que l'on était ensemble. David massacre Tom du regard, il ne s'est toujours pas fait à l'idée mais je suis rassuré de voir que l'impression de la veille se confirme, la majorité des autres élèves se foutent de cette histoire, il y a eu le choc de la révélation et la surprise de nous voir nous embrasser mais sinon on peut bien faire ce que l'on veut.

On se met en marche vers la salle. Plus on avance plus l'excitation nous reprend, faisant se dissiper quelque peu le malaise que notre couple peut encore installer. On arrive enfin devant l'imposant bâtiment on entre et après avoir posé nos affaires on rejoint chacun une salle pour s'échauffer.

Diana : Bien, j'espère que vous vous êtes remis des émotions d'hier soir, je tenais à vous féliciter, pour une première c'était vraiment bien. Faites la même chose ce soir !

Elle me fait un clin d'½il. Je rigole, cette prof est aussi barge que ses élèves. Je suis qu'elle est contente de voir notre couple éclater au grand jour.

Diana : Bien, on chauffe sa voix c'est parti !

[...]

Bill : David !

Je l'attrape entre deux couloirs.

David : Qu'est-ce que tu me veux ?
Bill : T'es toujours en colère ?

Il soupire.

David : Je pensais qu'on était amis, je suis juste déçu que tu ne m'aies jamais parlé de Tom.
Bill : Tu le détestes !
David : Justement, je t'aurais convaincu de le larguer.
Bill : David...

Il soupire encore mais laisse échapper un léger sourire.

David : Je ne vous comprendrai jamais.
Bill : Ce n'est pas ce que je te demande, je voudrai juste que tu arrêtes de faire la gueule, ça donnera peut-être l'exemple à ceux qui ont encore un problème avec ça.
David : Ecoute, ce n'est pas contre toi mais vous étiez tellement rivaux, on a déjà eu du mal à se faire à votre amitié alors ça. Ca fait vraiment bizarre... pas que vous n'alliez pas bien ensemble, au contraire même.

Il se mord la lèvre, il en a trop dit. Je rigole.

David : On en reparle plus tard d'accord ? Il me faut le temps d'encaisser calmement l'information. Mais tu resteras toujours mon Bill préféré.
Bill : Tu ne connais qu'un seul Bill !
David : Justement !

On rigole.

Bill : Merci.

Je le serre dans mes bras et il part dans la loge costume pour s'habiller. Ca m'enlève un poids, au moins je sais qu'il n'est pas aussi réfractaire à la chose qu'il en avait l'air. Je me doute que ça a dû faire un certain choc, voir deux personnes s'embrasser alors que quelques semaines avant elles se détestaient plus que tout, cela peut surprendre.

Tom : Tu m'expliques ?
Bill : Oh Tom ! Tu vas au maquillage?
Tom : Oui mais c'est pas la question.

J'hausse un sourcil, qu'est-ce qu'il me raconte là.

Tom : Qu'est-ce que tu faisais avec l'autre là ?

Je me retiens d'exploser de rire.

Bill : Il venait de me dire qu'il lui fallait simplement du temps pour se faire à notre couple mais qu'il ne m'en voulait pas et qu'il était toujours mon ami.
Tom : Et il avait besoin de te prendre dans ses bras pour te dire ça.
Bill : T'es encore jaloux de lui ? Je le crois pas !
Tom : Je ne suis pas jaloux...

Je rigole.

Bill : Tu respires la jalousie. Mais ça me fait plaisir...

Je lui fais mon plus beau sourire et l'entraine vers la loge de maquillage. Pour une fois ça me fais sourire, je viens de réaliser que je ne changerai jamais ce côté de sa personnalité. Il déteste David et il le détestera toujours.
Aujourd'hui ça me fait plus rire qu'autre chose, et c'est tant mieux.

[...]

Dean : En scène dans deux minutes !
Bill : Putain il recommence !

Mon estomac s'est à nouveau transformé en champ de rave party. On prend place sur les planches dans la pénombre et on attend que la musique commence. Je respire profondément, essayant de faire passer le stress qui me ronge de plus en plus.
Un coup de batterie retenti et le rideau se lève. C'est reparti !

...

Je sors de scène, revitalisé par l'endorphine qui coule dans mes veines.

Bill : Je kiffe !
Angel : C'est trop bon hein ?
Bill : Tu m'étonnes !

Les chansons s'enchainent, je retourne sur scène, totalement transporté par ce bonheur d'être vu et de montrer ce dont on est capable de faire. La scène est vraiment un endroit à part, quand on est dessus on ne veut plus jamais en sortir.

The Kill se finit et je quitte à regret cet endroit qui m'est si cher.
Je profite d'être dans les coulisses pour boire pratiquement une bouteille entière, je suis assoiffé.

Sambame – Upa Dance
paroles

...

Besoin de rêver – Pascal Obispo
paroles

Je peux encore fermer les yeux, m'attendre à rien, m'attendre à tout,
Me laisser faire par la musique qui peut m'emmener n'importe où
Je peux encore croiser les doigts, m'attendre à tout, m'attendre à toi,
Sûrement quelque chose de magique ou simplement de croire à ça

J'ai besoin de rêver comme tout le monde, besoin de m'inventer
Ces instants-là les voir arriver, je ne sais pas
J'ai besoin de rêver
Et ça, ça suffira

Je veux encore voir le soleil et surtout pas qu'on me réveille,
Tout est si beau sous mes paupières et plus vivant dans mon sommeil

J'ai besoin de rêver comme tout le monde, besoin de m'inventer
Ces instants-là les voir arriver, je ne sais pas,
J'ai besoin de rêver
Et ça, ça suffira

Je veux garder les yeux fermés, m'attendre à nous, te voir m'attendre,
Faire juste le temps de s'arrêter et d'aucune terre ne redescendre

J'ai besoin de rêver
J'ai besoin de rêver
Ca suffira


Cette chanson me parle. Oui on a le droit de rêver, ce n'est pas un crime. On se donne les moyens d'atteindre nos objectifs, de réaliser nos rêves.
Je crois que c'est la chanson qui fait basculer mon personnage, il se rend compte qu'il y a d'autres choses à vivre, qu'en étant motivé on peut dépasser ce qui était prévu pour nous et faire ce que l'on a vraiment envie, que l'on est maitre de sa propre vie. Si on se laisser guider par les autres, par les codes, par les « qu'en dira-t-on » on ne peut rien faire, on ne peut pas être heureux.

C'est tout bête mais on n'y pense pas assez. Si on veut vivre des expériences on devrait pouvoir le faire, même si l'inconnu nous fait peur, même si c'est un échec, au moins on n'aura pas de regret.

Rêver... s'imaginer sa vie meilleure qu'elle ne l'est et tout faire pour que ce rêve devienne réalité. On reproche souvent aux gens trop optimistes de ne pas voir les choses comme elles le sont vraiment, de vivre dans un monde qui n'existe pas. Mais les personnes qui critiquent ne savent pas qu'en ayant ces rêves on peut faire de grandes choses, ça donne une motivation pour se lever le matin, une motivation pour faire bouger les conventions et arriver à rendre notre vie meilleure.

Rêvez ! Vous avez le droit, c'est un besoin. Je ne critiquerais jamais les gens qui n'ont pas de rêves, j'ai juste de la peine pour eux.... Ils ne savent pas ce qu'ils perdent.

L'avenir appartient à ceux qui rêvent trop...*

Les applaudissements retentissent à nouveau, le public est conquis.

Angel : C'était super !
Bill : On y retourne ?
Angel : Et comment !

...

P.O.V. Tom

L'une de mes chansons préférées commence.

Ich brech aus – Tokio Hotel
paroles

Bill fait son apparition sur scène. A chaque fois j'ai l'impression que mon c½ur va s'arrêter de battre et qu'il ne va jamais repartir.
Il est vraiment très beau dans ses habits qui moulent parfaitement son corps et dans les endroits où il faut.

Ich fühl mich, claustrophobish eng
(Je me sens à l'étroit comme claustrophobe)
Mach platz, bevor ich mir 'n Ausweg sprend
(Fais-moi de la place avant que je casse tout)
Du hälst, mich nicht auf.
(Pour sortir, ne me retiens pas)
Ich brech aus
(Je me tire)

Ce morceau est l'un des seuls qui bougent vraiment pour les démons, ils peuvent exprimer ce qu'ils veulent et faire passer pleins de choses et ça se sent. Ils explosent de toute part et ce tableau est vraiment l'un des plus réussis.

Ich brech aus.

...
L'avant dernière chanson du spectacle se termine, je gratte la dernière corde. La voix de Bill disparait dans les airs. Encore une fois In Die Nacht a été notre moment privilégié. Je suis vraiment heureux qu'on ait pu introduire cette chanson dans le spectacle, ce n'était pas prévu au départ, on ne l'a pas écrite pour ça. Mais finalement elle s'insérait bien dans l'histoire et l'alchimie entre nos personnages donnait quelque chose de magique à cet instant.

J'ai à peine le temps de me remettre de mes émotions qu'il faut enchainer sur la dernière chanson pour ce soir. Je n'ai pas envie que ça se termine, je suis tellement bien ici.

Tout le bonheur du monde – Sinsemilia
paroles

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.


Les danseurs cessent de bouger, les musiciens cessent de jouer, les chanteurs se taisent. Le rideau tombe.
Le public nous applaudit, on s'applaudit aussi.

Bill : Ah !! Je crois que c'était encore mieux qu'hier soir !
Tom : J'en reviens pas de ce qu'on vient de faire !
Angel : Je veux mourir ici !

On éclate de rire.

Georg : Les enfants on se met en place pour le salut s'il vous plait !

Angel l'embrasse pour le faire taire, qu'est-ce qu'il a à toujours vouloir casser nos délires.

Georg : Finalement faites ce que vous voulez.

Il prend Angel par la taille et lui fait un baiser Hollywoodien, la penchant en arrière. On rigole tous. Il ne lui en faut pas beaucoup pour le faire changer d'avis !

On se remet en place et le rideau se lève pour les saluts. La public est debout et nous applaudit encore et encore. Ca fait du bien !
On fait tout pour prolonger ce moment mais il faut bien une fin. Le rideau tombe pour la dernière fois ce soir.

On sort de scène excités et totalement incontrôlables ce qui fait rire Dean.

Dean : Vous avez été très bons ce soir ! Vraiment ! Demain c'est relâche, revenez-nous jeudi en pleine forme ! Si vous faites encore mieux que ce soir je jouerai avec vous pour la dernière.

Son annonce est accueillie avec de grands cris.

Tom : Ca serait bien drôle !
Bill : Il ne faut pas nous dire ça, on va tout déchirer !

Dean sourit.

Dean : J'attends de voir...

Il sort nous laissant nous changer et nous démaquiller.

Fred : Tom ? Je ne voulais pas te déranger avant la représentation mais je peux te poser une question maintenant ?
Tom : Bien sûr.
Fred : C'est vraiment sérieux avec Bill.
Tom : Oui.

Il soupire.

Fred : Je ne veux pas que tu crois que je suis un intolérant, que je ne veux pas que tu sois heureux, tu es mon ami et ça ne change pas. Mais j'ai dû mal à croire à tout ça.
Tom : Je sais, et puis la révélation a été soudaine.
Fred : Ca tu peux le dire !
Tom : J'ai bien conscience que vous voyez encore Bill comme notre rival mais ce n'est plus le cas.
Fred : Je sais ! Mais, enfin c'était pas écrit comme ça quoi ! Vous avez coupé l'école en deux avec vos histoires et puis là, vous êtes fous amoureux.
Tom : Je ne te demande pas de comprendre, ça a été bizarre pour nous aussi mais c'est comme ça et on n'y changera rien. J'aimerai bien que tu te fasses à cette idée même si tu n'approuves pas.
Fred : Et tu es sûr que tu ne vas pas changer d'avis dans quelques semaines.

Je souris.

Tom : Je sors avec lui depuis des mois... Quelques semaines après la rentrée.

Il écarquille les yeux. Immédiatement je regrette ce que je viens de dire.

Fred : Depuis tout ce temps ? Mais... vous vous haïssiez encore il y a un mois !
Tom : C'était de la mise en scène, on ne voulait pas que vous découvriez que l'on était ensemble, il y avait trop de rivalités entre les groupes, vous ne nous auriez pas acceptés.
Fred : Mais là ! C'est la même chose ! Putain Tom !
Tom : On pensait qu'avec le temps ça passerait, que vous alliez vous réconciliez, comme on l'avait fait. Et puis on a vu que ça ne marchait pas, alors on a commencé par vous dire qu'on était amis. Mais là encore ça n'est pas bien passé.
Fred : Vous ne comptiez jamais nous le dire et continuer à faire comme si vous étiez de simples potes ?
Tom : Pour un temps je pense. Et puis les tensions seraient toutes parties et on aurait pu se montrer.

Il ne sait plus quoi répondre, ce que je viens de lui dire remet en cause pas mal de choses.

Fred : Pendant des mois... tu ne nous as rien dit, et vous avez fait semblant.
Tom : On n'avait pas le choix ! Mais maintenant tu sais que c'est sérieux.

Il me regarde fixement, je n'arrive pas à savoir ce qu'il pense.

Fred : Oui, sur ce point c'est clair.

Il s'éloigne, je le rattrape.

Tom : Je suis désolé d'avoir menti, mais je n'avais pas vraiment d'autres options.
Fred : Peut-être, mais me dire qu'un de mes meilleurs amis dans cette école s'est foutu de ma gueule pendant des mois, ça fait pas super plaisir à entendre !
Tom : Pas sur le reste, tous nos délires, nos discussions et tout, là je n'ai pas menti.
Fred : J'espère bien !
Tom : Fred, je suis désolé.
Fred : Et personne de notre groupe ne sait ça.

Je secoue la tête de gauche à droite.

Fred : Tu vas leur dire ?
Tom : Je suppose que tu vas le faire avant moi.
Fred : Je vais déjà réfléchir à tout ça, je verrai après. Mais je pense qu'ils apprécieraient que tu leur dises toi.

J'acquiesce et il s'éloigne. Je m'assois sur la première chaise que je trouve. Bill vient vers moi.

Bill : Il s'est passé quoi ?
Tom : Je suis en train de mettre en danger des amitiés que j'ai mis des mois à construire...

Il m'interroge du regard.

Tom : J'ai dit à Fred qu'on sortait ensemble depuis bien plus longtemps qu'il ne le pensait...
Stéphanie : Quoi ?

Je lève les yeux vers elle. Bill est totalement décontenancé.
Je fais vraiment n'importe quoi ce soir....

[Ellipse]

P.O.V. Bill

Tom : Tu crois que tout ça va s'arranger ?
Bill: On leur a dit, tout dit. On s'est expliqué. On ne peut rien faire de plus. Maintenant c'est à eux de voir s'ils acceptent le fait qu'on ne soit plus ennemis ou non.

Il soupire. La discussion a été mouvementée, on a mis tout le monde au courant que l'on se cachait depuis des mois. La majorité a très bien accepté, notre couple ne les dérange de toute façon pas et pour eux notre rivalité leur a permis de se dépasser mais ça s'arrête là ; pour d'autres ils s'y sont beaucoup trop attachés et n'admettent pas qu'on ait osé « s'amouracher » d'une personne de l'autre groupe.

Tom : Ok c'est soudain et on leur a menti mais c'est notre vie, je ne savais pas qu'ils étaient aussi peu tolérants.
Bill : Ils s'y feront, ils sont bien obligés. On ne va pas se séparer pour leur faire plaisir.
Tom : Non bien sûr, mais j'attendais un peu plus de la part de personnes qui sont censés être nos amis.
Bill : On était censé être les leurs aussi et on leur a caché la vérité depuis le début, ils ont le droit de nous en vouloir.
Tom : Et on a le droit de leur en vouloir aussi.
Bill : Aussi.

Je m'assois à côté de lui, on vient juste de rentrer de la salle après notre explication. Je crois que les esprits ont besoin de se calmer, on verra où tout ça en est jeudi soir à la prochaine représentation.

Tom : On est tous trop cons je crois bien.

Je rigole.

Bill : Sûrement. Ca va se tasser, ils vont s'en remettre après tout on est dans la vraie vie, pas dans une tragédie grecque, aucun de nous ne va tuer l'autre pour ça et encore moins lancer une immense offensive pour détruire le camp opposé.

Il sourit.

Tom : T'es bête.
Bill : Mais tu n'es plus triste.

Je l'embrasse doucement.

Bill : On a bien réussi à réconcilier nos parents, ce n'est pas une bande de post-ados butés qui va nous barrer la route !

On rigole.

Tom : Tu as raison... et ne dis pas que tu as toujours raison où je vais dormir dans ma chambre ce soir !

Je ferme ma bouche, je n'ai pas très envie de passer la nuit tout seul.

Bill : On ira leur parler, la vie est beaucoup trop courte pour que l'on se prenne la tête la dessus, c'est la morale de notre spectacle et ils ne l'appliquent même pas !
Tom : Ce n'est pas trop la morale.
Bill : Oui, enfin le but c'est de se réunir parce que la guerre ne serre à rien et que des solutions sont toujours possibles si on s'en donne les moyens. C'est un peu le même principe !

Il rigole.

Tom : Vivre chaque seconde pleinement ?
Bill : Parfaitement, et en agissant comme ça ils se bousillent la vie pour rien. Surtout cette semaine, elle doit être euphorique et joyeuse, pas galère et torturée.

Il acquiesce devant tant de détermination.

Bill : Je suis claqué, on vit trop d'émotions en trop peu de temps, mon p'tit c½ur a du mal à suivre.
Tom : Je vais te le réparer ton p'tit c½ur Sweetheart.

Je fonds littéralement et essaie de me ressaisir pour ne pas lui sauter dessus.
Au moins je sais qu'il sera toujours là pour moi, on a tout dépassé ensemble. On y arrivera là aussi.

[Ellipse]

P.O.V. Tom

Je frappe à la porte et l'ouvre.

Tom : Salut je dérange pas ?
Gustav : Entre. Alors ? Toujours pas d'amélioration ?
Tom : Je leur laisse jusqu'à demain pour y arriver, sinon je vais leur faire bouffer leur instrument et ils vont accepter que je sorte avec Bill je te le dis !

Il rigole. Alyson entre dans la pièce.

Alyson : Putain je te jure que si ce n'étaient pas mes parents je les bafferais quelque chose de bien !
Tom : Bonjour.
Alyson : Oh salut Tom, excuse-moi mais je suis un peu sur les nerfs là.
Tom : Problème familiaux ?

Elle acquiesce. Au même moment son portable sonne.

Alyson : Si jamais je m'énerve promets moi de me le prendre des mains pour m'empêcher de les engueulez ok ?
Gustav : D'accord.

Elle décroche.

Alyson : Oui maman.... Oui je t'ai raccroché au nez mais tu ne m'écoutes pas !...

Je la laisse à sa conversation.

Tom : C'est toujours tendu avec ses parents ?
Gustav : Ils ne veulent pas entendre qu'elle se fout royalement de leur avis et qu'elle veut faire ce qu'elle aime.
Tom : Ca t'affecte hein ?
Gustav : Bien sûr, je déteste la voir triste comme ça. Elle est blessée qu'ils ne lui fassent pas plus confiance et ça m'énerve pour elle. Je te jure si je pouvais je leur dirais leurs quatre vérités une bonne fois pour toute.
Tom : Tu devrais.
Gustav : Quoi ?
Tom : Tu devrais tout leur dire, elle n'en a pas le courage, il faut que tu l'aies pour deux.

Il réfléchit à ce que je viens de dire. Mon idée lui paraissait peut-être stupide au début mais il doit se dire que finalement elle n'est pas si mal.

Tom : Tu l'aimes non ?
Gustav : Comme un fou.

Je lui souris.

Tom : Alors tu sais ce qu'il te reste à faire. Et crois moi je parle en connaissance de cause les secrets familiaux c'est jamais bon. Et puis si elle ne leur dit pas, ils ne pourront jamais apprécier son talent sur scène et je suis sûr que même en étant des parents têtus ils ne veulent pas passer à côté de ça.
Gustav : Je pense que tu as raison.... Reste avec Bill il te rend intelligent, tu dis des choses sensées maintenant.
Tom : Hey !

Il rigole. Dans l'espace qui sert de cuisine Alyson est toujours au téléphone avec ses parents et ça ne semble pas bien se passer.

Alyson : Vous ne savez pas ce que je veux !.... Oui c'est peut-être le meilleur pour moi mais ce n'est pas ce que j'ai envie de faire !... Maman laisse moi parler deux minutes s'il te plait !

J'encourage Gustav du regard, il se lève et attrape le portable des mains d'Alyson, elle le regarde faire, médusée.

Gustav : Allo ? Je suis le petit ami de votre fille, elle se contrefout des études que vous voulez pour elle, mais vous devriez venir la voir dans ce qu'elle aime vraiment faire. Je vais vous envoyer l'adresse, venez samedi soir vers 19h et vous jugerez par vous-même d'accord ?

Il raccroche, balance le téléphone sur le plan de travail et embrasse Alyson à pleine bouche. Wahou ! Ben là il a agi au moins.

Gustav : Envoie-leur l'adresse, je suis sûr qu'ils vont venir.
Alyson : Euh... bien. Mais tu étais au courant qu'ils ignoraient que j'avais un copain ?
Gustav : Et bien maintenant ils le savent et je serai ravi de faire leur connaissance.

Je souris.

Tom : Bravo Gustav, c'était tout à fait ça. Un peu extrême mais l'idée était là. Je vous laisse je passais juste pour voir comment ça allait, je vois que la situation est sous contrôle !

Je sors en rigolant. Si même eux se mettent à faire des trucs bizarres on n'est pas rendu !

[Ellipse]

Jeudi après-midi. Bill triture son portable depuis des heures comme s'il attendait l'appel le plus important de sa vie.

Tom : Va les voir, ça t'éviteras de stresser.
Bill : Tu ne veux pas savoir toi?

J'hausse les épaules.

Tom : Ils ne sont pas si bornés qu'ils en ont l'air, je suis sûr qu'ils sont contre plus pour la forme que parce qu'ils ne veulent pas nous voir ensemble, ce ne sont pas des intolérants de base hein.
Bill : Peut-être mais ça me fait chier que mes plus proches amis doutent de moi.
Tom : Ils nous en veulent, mais on a aussi de quoi leur en vouloir, ils ne nous ont pas vraiment laissé le choix. Je suis sûr qu'une fois que cette idée aura fait le tour de leur petite tête ils reviendront vers nous.
Bill : Je te trouve bien optimiste...

Je souris.

Tom : En fait je flippe carrément et je n'ai aucune idée de ce qu'il va se passer, j'espère juste que je vais avoir raison.

Il rigole.

Bill : Je m'en doutais!
Tom : De toute façon on n'a pas le temps de se morfondre, on va devoir y aller.
Bill : Putain! J'avais presque oublié qu'on avait une représentation ce soir.
Tom : Tu vois, ça a quelques avantages, tu n'es plus aussi stressé qu'avant.
Bill : Mais maintenant si!!

J'éclate de rire. Il a le stress mauvais, certaines personnes sont joyeuses, d'autres parlent tout le temps, d'autres s'isolent, mais lui il fait paniquer tous les autres... C'est pas cool.

Bill : Bon, on bouge, avec un peu de chance ça me fera me changer les idées.

On prend nos affaires et on rejoint les autres. Beaucoup nous accueillent comme à leur habitude, mais on observe toujours des réticences chez certaines personnes.
Je soupire, espérons que ça ne gâche pas notre soirée.

...

Dean : C'est parti pour la troisième représentation! N'oubliez pas... si vous êtes excellents ce soir, encore plus que mardi, je monte sur scène avec vous.

Il n'en fallait pas plus pour nous motiver d'avantage.
On prend place, l'adrénaline, la pression, l'appréhension et l'envie refont surface. Les sentiments contradictoires se mélangent et le rideau se lève après le premier coup de batterie.

Et tout recommence...

...

Dean s'avance vers nous avec un air embêté. On arrête tous de se changer, de se démaquiller et d'essayer de remettre nos cheveux dans le bon sens.

Dean : Bon, après avoir pris avis auprès du public, de vos autres professeurs et de moi-même...

On rigole.

Dean : Vous avez été parfaits ce soir ! Bon, pas parfaits mais proche de la perfection. Donc je crois que samedi soir je vais me joindre à vous pour la dernière...

Tout le monde saute partout, ça nous fait super plaisir qu'il prenne ce risque avec nous. Après tout lui il supervise mais au final il ne se mouille pas.

Dean : Ce qui ne veut pas dire...!

Le brouhaha s'estompe.

Dean : Ce qui ne veut pas dire que demain doit être moins bien.

Je souris, ça m'aurait étonné.

Dean : Bien, je vous laisse vous changer. A demain même heure, même endroit.

Il sort nous laissant à nos occupations.

Bill : Ma mère...

Je me retourne vers lui, il décroche. Je rigole, pauvre Bill, il est persécuté.

Bill : Oui maman... oui c'était bien.... oui encore meilleure que la première.... oui il faudra revenir... oui on a des places pour samedi aussi.... oui je sais aussi dire non!

J'éclate de rire. Il me fusille du regard.

Bill : Je dois y aller on m'appelle. A plus tard, bye!
Tom : Je crois qu'elle parlait encore.
Bill : Je sais.

Je rigole encore plus, mais au même moment mon portable vibre. Ma mère... A voir ma tête Bill devine immédiatement de qui il s'agit et en profite pour se foutre allègrement de ma gueule. Je l'ai bien mérité j'avoue.

....

On est dans un couloir, juste Bill et moi.

Tom : Tout le monde va sortir.
Bill : M'en fous, ils sont au courant non? Alors maintenant on ne se cache plus.

Il approche son visage du mien et scelle nos lèvres. On s'embrasse pendant de longues minutes, simplement comme ça, au milieu d'un couloir qui pourrait être rempli de plein de monde dans quelques secondes. Mais on n'a plus cette peur de se faire découvrir, on veut juste profiter du moment et s'embrasser sans crainte.
La porte s'ouvre et un groupe compact d'élèves en sort. Évidemment ils nous voient. La majorité continue son chemin sans se soucier de nous, je vois même une fille fantasmer totalement sur nous ce qui me fait rire. Mais je me ressaisis immédiatement quand j'aperçois mes amis, les seules personnes qui me font encore la gueule à cause de ça.

Tom : Fred attend!

Je me sépare à regret de Bill et le rejoint.

Tom : Alors? Tu as réfléchis à ce que j'ai dit hier?
Fred : Oui, franchement ça me fait toujours chier que tu nous aies menti sur ça.
Tom : Tu m'en veux encore?

Il soupire.

Fred : Plus vraiment... Mais ne recommence jamais un mensonge aussi gros, et aussi long surtout.

J'acquiesce.

Fred : En fait je voulais te faire la gueule encore un peu mais même Mike était d'accord pour qu'on te laisse en paix avec ça donc...
Tom : Merci.
Fred: Va retrouver ton Roméo il est en pleine conversation...

En effet, Bill parle avec Stéphanie, Matthieu et les autres. Mais...

Tom : Je ne suis pas son Roméo!

Fred rigole et continue son chemin. Je retourne avec Bill.

Tom : Tout va bien ici?
Bill : A part qu'ils s'obstinent à vouloir se gâcher la soirée parce que je sors avec toi tout baigne.
Tom : Vous ne croyez pas que cette semaine est propice à d'autres choses bien plus intéressantes.
Stéphanie: Si. Mais je sais pas... enfin vous ne pouvez pas sortir ensemble! Vous vous détestez! C'est pas du tout logique.
Tom : Qui a dit que l'amour était logique?

Elle se tait, enregistrant ma réponse.

Bill : Ok on faisait parti de deux clans rivaux mais on n'est pas en pleine guerre civile, c'est pas si dramatique. Je suis désolé de vous avoir menti mais j'avais peur que ça fasse un drame, je voulais amener la chose en douceur. Vous avez accepté notre amitié, acceptez ça aussi...
Matthieu : Je ne suis pas contre, si tu promets de nous faire confiance la prochaine fois.
Bill : Promis!
Bastian : Pour tout te dire, on est même un peu jaloux que ton couple ait tenu aussi longtemps dans la clandestinité. On s'en veut de ne rien avoir remarqué avant et surtout... on vous envie de vivre une histoire aussi forte et qui résiste à tout.
Stéphanie : Je sais que vous avez raison, je ne suis pas une sans c½ur contrairement à ce qu'on peut croire.
Bill : On ne croit pas ça.
Stéphanie : Je peux le laisser penser... C'est juste que vous passez d'un extrême à l'autre, haine et amour, engueulades et embrassades, frustration et envie, ça fait bizarre. Mais vous êtes heureux ça se voit... Je n'ai pas le droit de m'opposer à ça.

Bill est ravi et moi aussi.

Tom : Maintenant on suit l'histoire jusqu'au bout et vous vous réconciliez avec tous mes amis!

Ils me regardent avec de grands yeux, d'autres personnes de mon groupe qui passaient à ce moment là on la même réaction.

Stéphanie: Rêve!
Luke: Jamais!
Matthieu: On aime trop se détester.
Adrian: Pour une fois je suis d'accord.

Je regarde Bill et on explose de rire, vite rejoint par tous les autres. Ils aiment se détester... comment leur en vouloir?

[Ellipse]

Samedi soir.... Jour de la dernière représentation. La dernière, c'est passé si vite ! Je n'ai pas l'impression qu'une semaine viens de s'écouler, tellement de choses sont arrivées en si peu de temps.
Hier soir on a été bons, pas plus que jeudi, mais pas moins. On est à moins d'une heure de l'entrée en scène et je ne sais plus quoi faire de mes mains, je suis en panique totale.
J'appréhende d'y aller mais en même temps je sais qu'une fois lancé je ne voudrai plus m'arrêter et surtout que je ne voudrai plus quitter cet endroit. Contradiction quand tu nous tiens...

Gustav : Je viens de rencontrer les parents d'Alyson.
Tom : Et alors ?
Gustav : Ils sont plutôt sympas, ils m'ont bien accueilli.
Tom : Et pour ce que fait leur fille de ses journées ?
Gustav : Je leur ai dit de s'installer dans la salle et de voir, au moins maintenant ils se doutent que ça a un rapport avec le monde du spectacle. Mais je veux qu'il la voit sur scène avant d'officialiser la chose, ils seront forcés d'accepter sa passion quand ils se rendront compte qu'elle est vraiment douée pour ça.
Tom : C'est une bonne stratégie.

Il retourne au maquillage et j'essaie de me calmer. Tout va bien se passer... j'essaie de me convaincre mais l'appréhension de la dernière représentation se fait sentir.

Bill : Près ?
Tom : Autant que possible...

Les minutes passent, à une lenteur incroyable... et puis subitement, à un quart d'heure de monter sur scène tout s'accélère et sans que je ne m'en rende compte il reste deux minutes. On voit les profs arriver... costumés, maquillés et surexcités.

Bill : Qu'est-ce que c'est que ça...
Tom : J'en sais rien du tout.

On les regarde, bouche bée. Tout le monde est surpris de les voir comme ça.

Dean : On a pensé qu'on devrait tous s'y mettre non ? Allez, allez, on y va ça va commencer.

On s'installe sur scène. Tous les profs nous rejoignent, ils se sont répartis entre les deux groupes et les voir maquillés et habillés comme nous est une expérience plutôt folklorique.

Tom : C'est hallucinant !
Fred : Je confirme... T'as vu le décolté de Diana ?!

J'éclate de rire, c'est vrai qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié, les filles sont mises en valeur et les hommes ont une certaine classe.
Je n'ai pas le temps d'être perturbé plus longtemps les lumières s'allument et le spectacle commence.

Vérone – Roméo et Juliette
paroles

...

Bill : T'as vu les profs ? Ils me font trop rire !
Tom : Tu m'étonnes, ils s'éclatent comme des dingues !
Bill : Ils font surtout n'importe quoi !

On rigole.

Tom : Mais c'est vraiment drôle donc on leur pardonne.

Le spectacle continue et comme pour toute dernière représentation qui se respecte il se passe des choses... étranges. Certains danseurs changent de groupe, les chanteurs modifient les paroles, les musiciens oublient « malencontreusement » de jouer quelques mesures, tout ça sans que la qualité du spectacle n'en pâtisse. Mais on rigole comme jamais.

P.O.V Bill

Je rentre dans les coulisses totalement mort de rire.

Bill : Diana est folle !
Angel : Tu en doutais ?

Je lui tire la langue pour toute réponse. On rigole encore plus mais je me reconcentre quand je dois revenir sur scène. Ce soir tout est permis, c'est la dernière, le but ultime de tout le travail de l'année alors on se lâche. Je me suis trouvé un nouveau jeu... chauffer Tom à distance, c'est super amusant, surtout quand on sait qu'il ne peut rien faire contre ça et qu'il ne peut pas réagir à mes provocation. J'adore cette soirée ! Le stress s'est transformé en sentiment de force et il nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes. C'est que du bonheur.

Les chansons s'enchainent, trop vite à mon goût, le temps défile et on ne peut rien faire pour le retenir alors je profite pleinement de chaque seconde sur scène, de chaque moment passé à vivre ma passion, je donne tout ce que je peux et je ne pas me poser plus de questions.

On a rarement autant ri sur scène, on est tous de très bonne humeur ce soir, tout le monde semble s'être fait à notre couple et certains trouvent même très drôle l'idée de nous pousser l'un vers l'autre sur scène. Les improvisations s'enchainent, les surprises aussi, mais tout ça sans fausse note.

I believe – Yolanda Adams
paroles

Ils ont dit que tu ne te rendrais pas aussi loin
Et même depuis qu'ils l'ont dit, ça été difficile
Mais oublie les nuits où tu as pleuré parce que tu n'as malgré tout jamais perdu espoir
Tu as travaillé vraiment fort et tu sais exactement ce que tu veux et ce que tu as besoin
Alors crois et n'abandonne jamais tu peux atteindre tes rêves
Parle simplement à ton âme et dit...

Je crois que je peux, je crois que je vais le faire
Je crois car je sais que mes rêves sont possibles
Je crois que je vais chanter, je crois que je vais danser
Je crois que je vais grandir bientôt et c'est ce que je crois

Tes buts sont simplement au fond de ton âme et tu sais que tes mouvements vont leur montrer
Tu ne cesses de l'imaginer dans ta tête
Alors crois simplement que ça va se produire en temps et ça sera parfait
Laisse tomber tes inquiétudes et ton stress derrière, vas-y simplement
Laisse la musique t'envahir, oublie ta souffrance et commence à croire

Oublie ce que disent les gens, garde la tête haute et retourne-toi
Avec tout nos espoirs et rêves je vais croire même si on dit que ce n'est pas pour moi
Je n'abandonnerai pas, je vais continuer
Regarde le ciel, je vais combler tous mes besoins
Je vais toujours croire ...


C'est ce que l'on a fait toute l'année, croire en nos rêves et ils se sont réalisés. Pas tous bien sûr, on en a tellement. Mais on est monté sur scène, on a montré notre spectacle à des centaines de personnes, on a réussi ! Et puis nos parents sont sur la voie de la réconciliation, ils font des efforts pour nous et je leur en suis reconnaissant. Nos amis semblent avoir digéré la nouvelle de notre couple même si nos mensonges répétés ne vont pas s'oublier comme ça.

Pour la dernière fois on joue In Die Nacht. Pour la dernière fois ici, dans cette salle, sur cette scène et pour ce spectacle. Mais ce ne sera pas la dernière de notre vie. Cette chanson nous a suivis trop longtemps pour qu'on la laisse partir comme ça. Je pense même quelle va intégrer l'un de nos albums quand notre groupe sera au sommet.

...

Dean : En place pour le final !

On s'active dans les coulisses, se remettant d'un énième fou rire. Les profs nous rejoignent aussi sur la dernière chanson, il n'y a plus de mise en scène, on ne réfléchit plus, on chante, on joue, on danse, simplement en suivant notre instinct. Le public s'est levé avant la fin et nous applaudit. Nos parents sont là, ils sont heureux pour nous et c'est tout ce qui compte.

Tout le bonheur du monde – Sinsemilia paroles

On s'en donne à c½ur joie, la chanson se mêle aux rires et à la bonne humeur.
Les dernières notes raisonnent pendant quelques précieuses secondes. Et le rideau se baisse sous une salve d'applaudissements.
Je profite de ce moment pour voler un baiser à Tom.

Tom : Ca se finit bien finalement.
Bill : Ce n'est pas encore fini !

Le rideau se relève pour les saluts.

Fin P.O.V.

La fin du spectacle, la fin d'une histoire
Mais pas totalement
Il reste encore des choses à voir
Et à écrire quelques derniers évènements...

__________________________________________________

Pix : Parce que ça restera mon moment d'anthologie de l'année 2008 (avec le concert que j'ai fait quand même... rendez-vous dans quelques mois)
Musique en écoutance : CREEP - RADIOHEAD

Je trouve que la citation résume bien l'histoire. Merci à la demoiselle qui me l'a donné il y a quelques mois, je ne me souviens plus de ton nom désolée, mais si tu passes par là merci à toi !
(*)Grand Corps Malade, paroles tirées de Rencontres.

Merci à love-boat-yaoi pour la correction/relecture/avis D'ailleurs cliquouillez ICI pour lire sa nouvelle fiction !! (pas le choix c'est un ordre !XD !)

Le dernier chapitre.... Rassurez-vous, il y a encore l'épilogue pour faire une fin digne de ce nom à cette fiction. Ca me fait bizarre de voir que la fin approche...
Sinon parlons un peu de ce chapitre : j'espère que les réactions des autres élèves ne vous ont pas déçu, c'est peut-être un peu rapide mais je ne voulais pas qu'ils passent pour des intolérants et des abrutis finis. Même si des fois je leur ai donné ce rôle je les aime bien mes personnages...XD
Laissez-moi des tonnes de commentaires !! C'est le moment où jamais !=D

A bientôt pour l'épilogue... (et pour ce que je ferai après cette fiction, beaucoup de personnes me le demande, je ferai un edit cette semaine quand je me serai décidée, parce que là honnêtement, j'en sais rien.)

Et n'oubliez pas: je raconte ma vie, faites-en autant....

Edit: Internet galère, je validerai vos comms quand j'aurai le temps de bien tous les lire et j'essaierai de répondre si j'ai le temps. Apparemment votre temps est aussi compté, vous n'avez plus l'occasion de passer 12 fois paar jour voir sur ma fiction!lol! mais bon en ce moment je crois que tout le monde est dans le même cas, en plus il fait pas beau donc ça déprime.... J'ai commencé à écrire l'épilogue, et je ne me suis pas encore fixée sur ce que je ferai après cette fiction, mais j'y réfléchis activement!=D
à bientôt

Re edit: hey!! alors j'ai plein de nouvelles à vous annoncer....
déjà th-twins-story-th a mis le 10600ème commentaire!!!!!
die-and-goodnight a mis le 100ème commentaire sur cet article!!!

autre chose, la question revient souvent, donc oui je vais refaire un blog, cependant ce ne sera pas une fiction comme celle ci mais plusieurs petites histoires entre 4 et une quizaine de chapitres. Je n'ai pas le courage de me relancer dans une grande histoire mais je ne peux pas m'arrêter d'écrire. Par contre il faudra être patient, je ne posterai pas aussi souvent qu'ici, il faut vraiment que je travaille et j'ai plein de choses en tête en ce moment. Mais quand j'aurai du temps et une idée en tête je l'écrirai et je posterai tout ça sur ce blog mistress-mine donc allez y faire un tour de temps en temps.

sinon c'est la dernière fois que je peux faire du chantage donc.... si vous mettez plein de commentaires d'ici demain, l'épilogue sera en ligne demain dans la soirée....!!!

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 11:00

Modifié le dimanche 25 janvier 2009 13:56

Epilogue

Epilogue

Bill referma son sac et sorti de la salle. Il était l'un des derniers à pousser cette porte, il n'avait pas voulu partit tout de suite, profitant au maximum de cet endroit qu'il aimait.

Tom : Tu viens ?
Bill : Je te suis.

Ils sortirent déambulant dans les couloirs croisant encore quelques personnes qui s'attardaient elles aussi dans ces lieux.

Bill : J'ai pas envie de retourner à la vie réelle.

C'était vrai, il aimait tellement être sur scène, être dans son monde. A la rigueur être à l'école ne le dérangeait pas, il travaillait sur les morceaux, l'idée des spectacles qu'ils allaient monter se précisant peu à peu chaque jour. Il aimait ça. Mais là il rentrait chez lui, pendant trois longs mois il serait livré à lui-même, sans objectif, sans échéance, sans date à laquelle de nouveau vivre pleinement sa passion. Ca l'angoissait terriblement.
A côté de lui il entendit Tom rigoler doucement.

Tom : Bill c'est la vraie vie.

C'était vrai aussi, après tout ils étaient montés sur scène, ce n'était pas l'un de ces rêves qu'il faisait sans cesse, ils l'avaient vraiment fait. Bien sûr pendant plusieurs semaines ils ne composeraient pas dans un cadre structuré mais rien ne les empêchaient de continuer en dehors de l'école. Et puis, avec un peu de chance il pourrait trouver un job d'assistant dans un studio d'enregistrement de la région pendant l'été, rien que pour s'imprégner des lieux.

Ils arrivèrent dans l'immense hall, bondé de monde. Les parents n'arrêtaient pas de féliciter leur précieuse progéniture, les yeux brillants de fierté. Chacun voulant montrer aux autres que son enfant, pour eux il n'était pas encore adulte, était le meilleur.

Tom : Je vais voir comment ça se passe pour Alyson.
Bill : Je viens avec toi.

Tom s'approcha d'un groupe un peu plus à l'écart, le père semblait totalement dépassé et la mère n'était pas dans un meilleur état. Au milieu de tout ça, Alyson était terrifiée et Gustav affichait cet air si serein qui le caractérisait si bien.
La mère d'Alyson s'adressa enfin à sa fille.

Mère : Tu es sûre que c'est ce que tu veux?
Alyson : Pour la dixième fois oui.

Elle soupira et puis finit par se résigner.

Mère : Je t'ai bien observée, tu es vraiment douée.
Gustav : L'une des meilleures chanteuses...

Tom sourit, son ami interférait en faveur de sa chérie dès qu'il le pouvait.

Mère : Tu aurais pu nous le dire avant Ca fait un an que tu joues la comédie avec nous, je n'apprécie pas vraiment.
Alyson : Et comment j'aurai pu vous le dire tu m'expliques ? Vous étiez tellement heureux de me voir faire les études que VOUS vouliez, vous n'avez jamais voulu entendre ce que je vous disais. J'ai essayé, de nombreuses fois, de vous en parler, jamais vous n'avez compris. Je ne pouvais pas vous le dire comme ça, vous n'auriez jamais accepté. Mais là en me voyant dans mon élément j'espère que vous avez pris conscience de ce que j'aimais faire et de ce dont j'étais capable si on me laissait suivre mes envies.

Un silence suivit sa tirade. Ses parents la fixaient, cherchant sûrement quoi faire. Ce qu'ils venaient de voir ce soir remettait en cause tous leurs à priori et tous leurs sentiments négatifs sur la passion qu'avait toujours eue leur fille. Tout changer était un acte douloureux pour eux, mais en même temps quel parent ne souhaitait pas le bonheur de ses enfants? Et là Alyson était heureuse, vraiment.

Mère : Tu es majeure, libre à toi de prendre tes propres responsabilités. Mais ne vient pas te plaindre si ça ne marche pas.

Alyson explosa de joie ce qui laisse perplexes Bill et Tom présents à côté d'elle. Elle serra ses parents dans ses bras.

Mère : On va parler avec le directeur de cette école, j'aimerai bien savoir qui s'occupe de tout ça.

Angel qui s'était incrustée quelques secondes auparavant répondit.

Angel : Mon futur beau père. Vous allez l'adorer!

Elle rigola pendant que les parents d'Alyson partaient à la recherche de l'homme génial en question. Bill se retourna vers Alyson, affichant un air mêlant soulagement et peine.

Bill : Désolé qu'ils n'aient pas sauté de joie...
Alyson : Tu rigoles?! Ils ont dépassé toutes mes espérances là! Jamais je n'aurais pensé qu'ils réagiraient aussi bien.
Tom : Ils ont quand même dit que si ça ne se finissait pas comme que tu l'espérais ils ne t'aideraient pas.
Alyson : Attends, j'ai cru toute l'année qu'ils m'enfermeraient chez moi jusqu'à mes 38 ans s'ils savaient. Alors là je les trouve particulièrement compréhensifs.

Elle rayonnait. Les jumeaux se regardèrent, surpris et puis ils la rejoignirent dans son fou rire. Après tout les gens n'avaient pas la même vision des événements, tout était relatif.
Gustav profita de ce moment d'euphorie pour prendre sa chérie par la main et l'entraîner au milieu de la foule à la recherche d'un endroit calme pour pouvoir l'embrasser en toute intimité sans risquer l'immixtion intempestive de parents trop protecteurs.

Tom : Au moins ces deux là sont casés pour la soirée.

Bill rigola.

Bill : Et si on veut pouvoir faire comme eux on devrait rejoindre nos parents pour s'en débarrasser au plus vite.

Ils les retrouvèrent en plein discussion, tous les quatre, comme s'ils s'étaient toujours bien entendus.

Bill : Je vois que tout va bien ici.
Simone : Disons qu'on est en train de se rendre compte que s'être détesté pendant toutes ces années n'était peut-être pas la meilleure solution.
Bill : Non !? Tu crois ?
Tom : Remarque, il serait temps que vous vous en rendiez compte.
Jörj : On ne s'engueule pas ce soir ok ?

Tout le monde acquiesça. Oui les choses allaient mieux, beaucoup mieux mais il allait encore falloir du temps pour que tout redevienne, ou plutôt ne devienne, calme. Après tout ça ne l'avait jamais été.
Mais aucun d'eux ne perdait espoir sur ça, ils avaient fait le plus dur, ils avaient fait tomber leurs barrières, leurs défenses, ils avaient dépassé la plus part de leurs différends, ils ont pratiquement réussi à s'entendre. Tous.

Bill : Bon c'est pas le moment de se déprimer, c'est soir de fête non?
Gordon : Tout à fait! Je crois avoir vu passer des coupes de champagnes quelque part....

Ils rigolèrent et Gordon partit à la recherche de quelque chose à boire. Une demi-heure et environ deux bouteilles d'alcool plus tard ils étaient tous très joyeux, en particulier les parents.

Tom : Sweetheart?
Bill : Hum?
Tom : Je crois qu'on devrait leur appeler un taxi. Ca ne leur réussi pas d'être imbibés comme ça.

Ils regardèrent leurs parents, Simone était morte de rire depuis plusieurs minutes, n'arrivant presque plus à reprendre sa respiration. Jörj et Ellen tentaient, personne ne su jamais pourquoi, de jouer à “tu me tiens par la barbichette” sans partir dans un fou rire avant la deuxième seconde. Chose qui n'arriva bien évidemment pas. Gordon quant à lui avait les yeux pétillants, il parlait tout seul, racontant au combien il aimait ce champagne et que le plafond de cet endroit était vraiment beau.
Ils étaient heureux, ils cohabitaient même si on pouvait toujours observer quelques réticences lorsque leurs regards se croisaient.

Bill et Tom sourirent devant ce spectacle. C'était dans ces moments là qu'ils avaient l'impression d'être de vrais adultes responsables, et que leurs parents avaient conservé une part d'innocence malgré tout ce qu'il s'était passé.
Ils étaient heureux de les voir comme ça, à rire à n'en plus pouvoir, ils ne tenaient pas bien l'alcool, et ça se voyait.

...

Bill : On revient dimanche soir, d'ici-là essayez de retrouver votre état normal.
Simone : On est tout à fait normal chéri voyons.
Jörj : Attention!

Il se baissa plus que nécessaire pour entrer dans le taxi. Les autres le suivirent avec plus ou moins de réussite. Gordon se frappa la tête deux fois dans contre le plafond avant d'arriver à s'assoir correctement. Bill et Tom les saluèrent, donnèrent l'adresse au taxi et la voiture partit, disparaissant quelques mètres plus loin en tournant au coin de la rue.

Tom : Ils ne sont pas sortables !
Bill : Je sais...

Ils rigolèrent.

Tom : J'ai très envie de t'embrasser ...
Bill : Maintenant ?

Tom acquiesça.

Bill : Te prives surtout pas.

Leurs visages se rapprochèrent et pendant de longues minutes leurs bouches, leurs lèvres, leurs langues ne se quittèrent plus.

...

Ils finirent par rentrer dans le bâtiment, ils voulaient remercier leurs professeurs avant de rentrer à l'école.

Bill : Il y a moins de monde ça devrait être facile de les repérer.

La plupart des parents étaient rentrés chez eux, quelques élèves aussi. Voulant profiter de quelques heures de sommeil bien méritées. Le grand hall se vidait peu à peu. Ils parcoururent la salle des yeux et repérèrent Georg en grande discussion avec quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas. Intrigués, ils se rapprochèrent.

Georg : Quand on parle du loup. Je vous présente Bill et Tom, les gars M. David Jost, producteur.

Les yeux des jumeaux s'écarquillèrent de surprise. Qu'est-ce que leur bassiste faisait avec un producteur ? Georg rigola devant leur air ahuri.

Georg : Il est venu me voir tout à l'heure, il est très intéressé pour travailler avec nous.
David : Diana m'a beaucoup parlé de vous, elle trouve que vous avez ce petit quelque chose qui peut vous emmener très loin. Je suis venu voir ça de mes propres yeux et je dois avouer qu'elle avait raison. Vous avez une très bonne présence sur scène et le talent nécessaire pour percer. Georg vient de me dire que vous aviez quelques chansons aussi.

Bill hocha la tête, incapable de faire autre chose.

David : Par contre, si je compte bien nous avons un bassiste, un chanteur, un guitariste. Diana m'avait parlé de quatre personnes.

Tom rigola.

Tom : Gustav est occupé en ce moment je crois.

Les images de lui emmenant Alyson à travers la foule le revinrent en mémoire. Mais au même moment un jeune homme blond apparu à côté de lui.

Gustav : On parle de moi ?
Bill : Gustav, notre batteur.
David : Enchanté.

Ils expliquèrent à Gustav qui était la personne avec eux. Les yeux des garçons brillaient comme s'ils étaient face au père noël ou à tout autre personne extraordinaire.

David : J'aimerais beaucoup voir ce que donne votre musique.
Bill : On serait ravi de vous le montrer.

David lui sourit, il avait déjà repéré son leadeur. Le charisme de Bill, son look, sa présence... Ca allait marcher il en était sûr. En plus les trois autres ne faisaient pas non plus figuration, chacun semblait avoir naturellement trouvé sa place, en retrait ou sous les projecteurs, ils avaient l'envie, la motivation et le talent. C'était parfait.

David : Bien, je vous donne ma carte, passez me voir pendant les vacances, on verra comment les choses évoluent.

Bill prit le précieux bout de papier cartonné et David partit après les avoir salués.

Tom : Ca vient vraiment de se passer ?
Bill : Je crois... je ne suis pas sûr.
Georg : Si, je pense que c'est vrai.
Gustav : Ca veut dire que si on arrive avec des bonnes chansons....

Un silence tendu suivi son début de phrase, ils se regardèrent et crièrent en même temps :

Tous : On va être signés !!

Ils laissèrent exploser leur joie, bien conscients que rien n'était gagné d'avance, mais ils voulaient vivre au maximum les sensations de joie qui s'étaient emparées d'eux.

Bill : On va devoir bosser.
Georg : On n'avait que ça à faire pendant les vacances de toute façon..
Tom : On pourra prendre quelques jours pour dormir avant quand même ?

Ils rigolèrent. Bill surprit son regard, il n'avait pas oublié. Ils devaient partir en vacances ensemble, leurs premières vacances, seuls, au soleil, loin. Il acquiesça. Oui ils allaient partir une semaine ou deux avant de se replonger dans le travail. Ils en avaient besoin, tous, et surtout ni Bill, ni Tom ne voulait rater une occasion de passer plusieurs jours coupés du monde à simplement, boire, manger, dormir et faire l'amour...

Tom : N'empêche...

Ils se retournèrent vers lui, ne voyant pas quel problème il pouvait y avoir.

Tom : Il s'appelle David... je n'aime pas vraiment ça.

Bill éclata de rire. Son Tom ne changera jamais. Et finalement ça lui convenait comme ça.
Gustav profita de ce moment pour attraper une bouteille de champagne encore à moitié pleine qui trainait sur une table. Il en servit quatre coupes.

Gustav : A notre futur groupe...
Georg : A notre futur contrat...
Tom : A notre future carrière....
Bill : A nous !

Ils se sourirent et trinquèrent.

Angel : On fête quoi ?
Georg : Notre vie qui va bientôt changer.

Les filles ne comprenaient pas grand-chose mais elles les voyaient heureux et c'est tout ce qui importait.

Gustav : On a peut-être trouvé un producteur...
Alyson : Mais c'est génial !
Angel : Je m'auto proclame directrice artistique !
Alyson : Je crois qu'il reste encore une place de styliste... je prends !

Ils rigolèrent. A ce moment précis ils étaient heureux. Leur vie allait changer ils en avaient la conviction. Les choses s'étaient arrangées dans tous les domaines.
Un producteur voulait les signer, ils allaient réaliser leurs rêves. Angel et Alyson les suivraient sûrement dans cette aventure, déjà pour surveiller leurs hommes respectifs mais également pour participer au processus de création, faire les c½urs, les parties de piano, accorder les couleurs de leurs vêtements ou simplement les soutenir.
Leur groupe allait marcher.

Diana : J'ai entendu ce qu'il vient de se passer. Félicitations à vous, j'espère que tout ira bien et que vous pourrez vivre de votre passion, vous le méritez.
Bill : Merci, et merci de nous avoir un peu tuyautés.
Diana : Il serait venu quand même, j'ai juste soumis l'idée.

Ils lui sourirent.

Diana : Je vous laisse profiter de ce moment, on se voit demain quand vous repartirez chez vous.
Tom : Bien sûr.
Diana : Je ne sais pas si vous reprendrez les cours l'année prochaine, si une maison de disque vous propose un contrat foncez !
Georg : On y compte bien !
Bill : Mais ça me ferait bizarre de ne passer qu'une seule année dans cette école, je m'y suis habitué.
Gustav : Et puis on l'aime bien.
Tom : C'est vrai.

Ils avaient vécu tellement choses entre ses murs, mais ils voulaient en vivre d'autres ailleurs également.

Diana : Tant que vous passez nous faire un ptit coucou de temps en temps ça me va. Et puis ça ne sert à rien que vous continuez d'apprendre avec nous si vous pouvez apprendre sur scène. Il n'y a rien de mieux.

Ils étaient d'accord.

Diana : A très bientôt, et j'espère que j'aurai le droit à une dédicace sur votre premier disque.
Bill : Aucun problème.

Elle s'éloigna. S'ils partaient, l'école, les élèves, les profs allaient leur manquer, mais ils vivraient leur passion. Ca leur convenait. Sans oublier que c'était pour ça qu'ils avaient intégré cette prestigieuse académie, monter sur scène, faire des disques... Ils touchaient au but.

Tom attrapa Bill par la taille et le rapprocha de lui.

Tom : Finalement je suis content que tu aies intégré cette école.
Bill : Ah oui ?
Tom : Hum, hum.

Bill sourit.

Bill : Et moi je suis content de tout ce qu'il s'est passé cette année.

Ils s'embrassèrent.

Bill : Je t'aime mon namoureux.
Tom : Moi aussi Sweetheart.

Leurs lèvres se scellèrent à nouveau.

Ils avaient tout vaincu à deux, dépassant les préjugés, les querelles de famille, les à priori des autres élèves. Ils avaient dépassé leur haine et étaient tombés amoureux.
Rien ne pouvait être mieux qu'à cet instant.

Seuls dans leur bulle, profitant de chaque seconde pleinement. Comme ils avaient toujours essayé de le faire jusque là.

.... .... .... .... .... .... ....

Parce qu'il n'y a qu'une seule chose qui compte vraiment : vivre tout à fond. On n'a qu'une seule vie, elle est trop courte pour avoir des regrets, trop courte pour qu'on s'enferme dans ce que les autres veulent pour nous, trop courte pour ne pas la vivre pleinement.
Rien n'est jamais facile et on préfère parfois laisser les choses se faire plutôt que de prendre les devants, ça peut être bien parfois, mais il ne faut jamais oublier que vivre sa vie et ne pas se laisser vivre est ce qui compte.

Profiter de chaque instant, de chaque seconde, faire ce que l'on a envie de faire, vivre sans se poser de questions, agir pour ne rien regretter.

Quand Bill et Tom rouvrirent les yeux ils virent tout ça. Rien ne serait arrivé s'ils n'avaient pas décidé de profiter de tout ce qui se présentait à eux. Ils avaient réalisé qu'ils s'aiment, malgré le choc, malgré les changements, malgré que ce soient deux garçons. Ils s'étaient aimés et ne regrettaient rien.
Ils avaient tout avoué à leur famille, faisant front ensemble. Ils n'avaient pas réfléchi et s'étaient lancés. Et maintenant leurs parents repartaient sur de nouvelles bases après des années de haine.
Leurs amis étaient heureux, ensemble, à deux. Ils avaient trouvé quelqu'un à qui se confier, quelqu'un à aimer, ils avaient aussi trouvé des amis qu'ils ne lâcheraient pas de si tôt. Les amis sont rares et ils en avaient conscience. Ils savaient aussi que, malgré tous leurs efforts, des liens pourraient se briser un jour. Alors ils profitaient de ces moments de joie passés ensemble.

Bill et Tom avaient réussi. Ils avaient vécu cette année comme jamais ils n'auraient pensé la vivre. Ils s'étaient lancés, ils avaient profité, ils en étaient là aujourd'hui. Bien sûr, tout ne fut pas facile, il y a toujours des moments où les doutes surgissent, mais si on se rappelle qu'il vaut vivre à fond alors tout parait plus clair.

Les images des derniers mois repassaient en boucle dans leurs esprits. La surprise de se voir le premier jour, mauvaise surprise, la haine, les disputes, la colère des jours suivants, et puis ce baiser, le moment où tout avait basculé. Les doutes ensuite, mais toujours l'envie de vivre pleinement. Ils avaient tenté, ils avaient vécu l'instant présent sans chercher à comprendre, ils étaient restés ensemble et ils ont fini par tomber amoureux. D'autres souvenirs prirent place, leur première fois, et toutes les suivantes. Le premier je t'aime, le premier d'une longue série. La première dispute, et les autres.
La révélation de leur gémellité, la souffrance et puis là encore l'envie de tout bousculer, tant pis pour les préjugés, la morale, ils s'aimaient. La tension avec leurs parents et puis, à force de persévérance ils avaient atteint leur but : ressembler à une famille, pas tout à fait comme les autres mais une famille qui s'unissait au fil des jours.

Sans chercher à vouloir en arriver là ils l'avaient fait. Ils étaient heureux, ils avaient vécu, ils n'avaient pas de regret.

Plus tard dans la nuit, alors que tout le monde semblait dormir paisiblement, protégé par les murs en vieille pierre de l'école, une douce musique s'échappa d'une fenêtre entrouverte, accompagnée d'une voix mélodieuse :

Ich will da nicht allein sein Lass uns gemeinsam, In die Nacht,
Irgendwann wird es Zeit sein Lass uns gemeinsam, In die Nacht.

Du bist alles was ich bin Und alles was durch meine Adern fliesst


Il leur restait tant de chose à découvrir, à voir, à vivre... Tant de choses... Mais ceci est une autre histoire.

Carpe diem...

.... .... .... ..... ..... .... ..... ....

Le mot de l'auteure :

Je dirai simplement ceci : j'avais cette idée de fiction en tête depuis des mois, et puis un jour je me suis lancée. J'en avais envie et je l'ai fait. Vivre ce que l'on veut n'est pas toujours simple, souvent la peur, l'absence de courage, ou tout simplement l'inconnu nous empêche de nous lancer.
Si je n'avais pas commencé à écrire cette fiction j'aurai raté énormément de choses. J'en aurai peut-être vécu d'autres mais jamais je ne regretterai cette année passée à écrire, à lire vos commentaires, à y répondre. J'ai rencontré des gens formidables que je n'aurais jamais rencontrés en d'autres circonstances. Vous m'avez soutenu sans le savoir vraiment, pour la première fois depuis longtemps mon automne n'a pas été rythmé par une série de passages à vide. J'ai essayé d'apporter un peu de bonne humeur, de rires dans cette histoire, j'ai essayé de faire partager ma passion, mes personnages, mais aussi une partie de moi.

Merci à vous tous de m'avoir suivie pendant un an. Ca restera une expérience unique dans ma vie.

Je le redis, tout ça ne serait jamais arrivé si un matin je ne m'étais pas levée en me disant « j'ai envie de faire cette fiction, je le fais ». D'où le nom de mon blog.
Profitez de chaque instant, vivez l'instant présent, assouvissez vos envies, exploitez le moindre souhait au maximum et vivez les choses.
On n'a qu'une seule vie, si on ne la vit pas à fond quel est l'intérêt ?

Bill, Tom, Angel et les autres m'ont suivie pendant cette année, ils m'ont aussi fait comprendre que ce n'est qu'en essayant de réaliser ses rêves que l'on peut être heureux. Tous ne se réaliseront pas j'en ai bien conscience, mais si je veux faire une chose, que j'en ai les moyens, je ne me cacherai plus derrière une peur ou une angoisse. L'inconnu peut aussi avoir du bon.

Je finirai par une phrase stupide qui me tient à c½ur : tout est bien qui ne finit pas toujours bien, mais là si.

Vivez l'instant présent,
Leb die sekunde
Carpe diem....

FIN

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Pix : Tous les quatre....
Musique en écoutance : LEB DIE SEKUNDE – TOKIO HOTEL

Joyeux anniversaire !!

Merci à Lou pour son acharnement à vouloir les suites...
Merci à made-in-vet-nam pour les corrections
Merci à tous ceux qui ont lu, que vous ayez laissé des commentaires ou pas.
Merci à tous les autres qui m'ont, à un moment ou à un autre, aidée dans l'écriture de certains chapitres.

A bientôt ici

Un an avec vous... merci.

# Posté le lundi 26 janvier 2009 14:05

Modifié le lundi 26 janvier 2009 16:31